Malgré tout ce qui se dit et s’écrit sur la « crise » du management, chacun y allant de son « analyse » et de ses « propositions » car s’agissant du management (comme dans un tout autre domaine, le football), tout le monde se pense « expert » : Pourquoi les « solutions » envisagées oscillent souvent entre l’incroyable et l’incompréhensible et donc peuvent parfaitement être pires que le mal à traiter ? Qu’est-ce qui explique ce paradoxe ? Comment faire pour s’en extraire et réellement réformer les pratiques ? C’est l’objet de ma nouvelle vidéo sur Xerfi Canal
« La technique donne des moyens inespérés aux imbéciles ». Cette phrase d’Emmanuel Mounier semble presque avoir été prononcée pour mettre en mots le tohu-bohu autour de l’intelligence artificielle. C’est l’objet de ma dernière vidéo sur Xerfi Canal
Le management devenu un Empire pour reprendre la formule de Pierre Legendre, celui qu’on peut appeler le conseiller de l’Empire, le consultant en management, a t-il réellement conscience de sa grande responsabilité devant la société nonobstant les déclarations d’intention dont ses détracteurs se gaussent et souvent à juste titre ? Comment peut-il, concrètement, exercer une telle responsabilité dans son activité, qui n’est pas, par essence, une activité commerciale comme une autre car impactant la santé des travailleurs, la santé des entreprises et in fine, la santé de la nation ? N’est-il pas temps de faire le « ménage » dans ce secteur d’activité souvent secoué par des scandales et soumis à l’opprobre de l’opinion publique ? Si oui, sur quelles bases opérer cet ménage ? C’est l’objet de ma dernière vidéo chez Xerfi Canal
📽️📽️ « Démocratiser le management » était déjà le titre d’un ouvrage de l’ingénieur et syndicaliste Robert Thalvard en 1970, il y a donc plus de 50 ans, force est de constater que les avancées ne sont pas mirobolantes. Les tenants du statu quo ont de bonnes raisons de ne pas aimer une telle transformation car « seules sont injustes les inégalités dont on ne profite pas » (Elgozy). En attendant, les maux du travail n’attendent pas! Je pense que des choses peuvent être faites, hic et nunc, par le truchement d’une (re)connaissance du travail réel afin de poser, d’ailleurs, les graines d’une véritable démocratie par le bas car je ne crois, hélas pas, au grand soir de la démocratie dans les entreprises. C’est l’objet de ma dernière vidéo sur Xerfi.
Le management traverse au moins deux graves crises : une crise de l’autorité et une crise du rapport au réel qui sont à la source des maux dont il souffre : traitantisme, phraséologie, leadership du récit … Ces deux crises ne seront pas résolues par des injections « d’humanisme » c’est à dire comme dirait Jacques Ardoino un « ensemble de très belles leçons venues des Anciens, mais déjà figées, à l’état de « conserves culturelles » » mais par un retour du « sens de l’humain » qui, par contre, traverse les époques ! Difficile mais nécessaire ! C’est l’objet de ma dernière vidéo sur Xerfi Canal
Nous avons tendance, comme l’avait vu Bergson, à transposer dans le domaine de la création, ce qui relève du domaine de la fabrication, de la machinerie. Une des illustrations, c’est de considérer l’entreprise comme un ensemble de problèmes à résoudre et donc d’en faire un terreau exclusif du sacro-saint « probem solving ». L’intelligence ainsi mobilisée pour simplifier à l’excès le réel voire le camoufler, produit inexorablement des monstres, c’est à dire de faux problèmes, de fausses solutions et donc in fine, des obstacles durables pour une performance soutenable. C’est l’objet de ma dernière vidéo sur Xerfi Canal
Le management fait partie des domaines (peut-être avec le football en France et la politique) dans lesquels tout le monde se croit « expert » et donc habilité à transformer son opinion sur le sujet en doctrines ou en « lois », les réseaux sociaux aidant. Cependant, si tout le monde est expert, personne n’est expert, c’est de la dialectique élémentaire. Alors, pourquoi une telle vacance de l’autorité dans le management ? Avoir un cerveau ne fait pas de vous un expert du cerveau, tout le monde en conviendra. Avoir été manager ou managé n’est certainement pas suffisant pour faire de quiconque un expert du management, c’est un truisme de le dire. C’est l’objet de ma dernière vidéo sur Xerfi Canal
Un capitalisme humain : le rêve perdu du XXe Siècle
L’economiste Veblen en 1914, parlait déjà de « l’instinct du travail bien fait » (workmanship), Jean-Maurice Lahy, le psychologue, parlait dès 1916 de la distance qui existe de fait entre le travail prescrit et le travail réel, Auguste Detoeuf, chef d’entreprise mettait en exergue en 1945, dans une tribune dans Le Figaro, le fait qu’il n’y a pas de sens au travail si la nourriture du travailleur est insuffisante c’est à dire s’il n’a pas le bon salaire pour vivre. Georges Guy-Grand, dans les années 30 fait une analyse fondamentale : le travailleur ne cherche pas seulement à « se procurer de meilleures conditions de travail; il tendra instinctivement à y trouver l’accomplissement de toutes ses virtualités, il y verra des milieux propices à l’éclosion de toutes ses puissances
de sensibilité ou d’imagination non moins que d’intérêt. Il dépassera le calcul et le mécanique pour chercher la vie ». On voit dans cette analyse toute la différence fondamentale entre la qualité de vie au travail et la qualité du travail.
Alors si les anciens qui n’étaient pas naïfs ne sont pas arrivés à transformer fondamentalement les entreprises dans le sens d’un juste équilibre entre l’Homme et la machine, les intérêts humains et les intérêts économiques, nous devons être humbles devant les faits et fiers devant les croyances comme disait George Bernard Shaw.
Illustration : dans ma nouvelle vidéo Xerfi Canal, je parle de Jean Coutrot, Polytechnicien, économiste, un des précurseurs du conseil en organisation en France et surtout un des premiers « réformateurs » de l’entreprise.
