{"id":559,"date":"2022-11-29T07:30:46","date_gmt":"2022-11-29T06:30:46","guid":{"rendered":"https:\/\/ibrahimafall.com\/?p=559"},"modified":"2022-11-29T07:30:46","modified_gmt":"2022-11-29T06:30:46","slug":"sans-rearmement-theorique-lechec-guette-tout-projet-veritable-de-transformation-des-entreprises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ibrahimafall.com\/?p=559","title":{"rendered":"Sans r\u00e9armement th\u00e9orique, l\u2019\u00e9chec guette tout projet v\u00e9ritable de transformation des entreprises"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Dans le monde de l\u2019entreprise, la connaissance dite th\u00e9orique (comprenez, de nos jours, les productions des sciences humaines et sociales non transformables en objets (outils ou \u00ab\u00a0langages de machine\u00a0\u00bb) n\u2019a plus bonne presse. <\/strong>D\u2019ailleurs avec le d\u00e9veloppement du financement priv\u00e9 ou public par projet et l&rsquo;exigence d&rsquo;un retour sur investissement calculable \u00e0 priori, certaines disciplines sont d\u00e9sormais sinistr\u00e9es et dans certains pays, la fermeture de d\u00e9partements de philosophie, de sociologie, de lettres\u2026 per\u00e7us comme non rentables, n\u2019est plus tabou. Ainsi, Le journal Lib\u00e9ration, en avril 2019, fait \u00e9tat d\u2019un tweet du pr\u00e9sident br\u00e9silien, Jair Bolsonaro, dans lequel il demande que \u00ab\u00a0le ministre de l&rsquo;Education \u00e9tudie la d\u00e9centralisation de l&rsquo;investissement dans les facult\u00e9s de philosophie et de sociologie\u00a0\u00bb en pr\u00e9cisant que \u00ab\u00a0les \u00e9tudiants d\u00e9j\u00e0 inscrits ne seront pas affect\u00e9s\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0l&rsquo;objectif est de se concentrer dans les domaines qui g\u00e9n\u00e8rent une retomb\u00e9e imm\u00e9diate pour le contribuable : v\u00e9t\u00e9rinaire, ing\u00e9nierie, m\u00e9decine \u00bb. En France, l&rsquo;ancien vice-pr\u00e9sident d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la recherche \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Strasbourg, Jay Rowell r\u00e9v\u00e8le, dans une \u00e9tude publi\u00e9e en septembre 2022 sur sa propre universit\u00e9, la \u00ab\u00a0marginalisation\u00a0\u00bb des sciences humaines et sociales au profit des sciences naturelles comme \u00e9tant une des cons\u00e9quences de la loi d\u2019autonomie des universit\u00e9s en 2008.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En entreprise, accuser quelqu\u2019un d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0th\u00e9orique\u00a0\u00bb c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019homme qui pr\u00e9f\u00e8re Paul Val\u00e9ry \u00e0 Michael Porter, l\u2019homme qui ne s\u2019inscrit pas totalement dans la logique probl\u00e8me\/solution, l\u2019homme qui demande du temps pour r\u00e9fl\u00e9chir, l\u2019homme qui dit \u00ab\u00a0\u00e7a d\u00e9pend\u00a0\u00bb, l\u2019homme qui h\u00e9site, l\u2019homme qui est lent\u2026, c\u2019est prononcer \u00e0 son encontre une peine de mort sociale symbolique. Le dit \u00ab\u00a0th\u00e9orique\u00a0\u00bb, est devenu un exil\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur, un homo sacer moderne, car il ne \u00ab\u00a0sert \u00e0 rien\u00a0\u00bb, fait perdre du temps et donc de l\u2019argent selon l\u2019expression consacr\u00e9e nonobstant le \u00ab\u00a0caract\u00e8re essentiel de l\u2019inutile\u00a0\u00bb dont parlait Walter Benjamin. Dans le monde des pragmatiques, des \u00ab\u00a0problem solvers\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0l\u2019inutile\u00a0\u00bb est un ren\u00e9gat et si par malchance, il a de plus des id\u00e9es personnelles, il devient ipso facto un dissident. <\/strong>Pour reprendre, en substance, la c\u00e9l\u00e8bre formule de Renan, on peut dire, il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi dangereux de savoir trop t\u00f4t. L\u2019homo faber se retournerait-il contre l\u2019Homme\u00a0? \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le th\u00e9oricien n\u2019a pas toujours eu mauvaise presse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, comme le notait \u00e0 juste titre Guillaume Guindey, un \u00ab th\u00e9oricien\u00a0\u00bb, inspecteur des finances, ayant suivi dans sa jeunesse les cours du philosophe Alain et qui fut charg\u00e9 de restaurer la cr\u00e9dibilit\u00e9 financi\u00e8re de la France \u00e0 l&rsquo;international apr\u00e8s la seconde guerre mondiale par le g\u00e9n\u00e9ral De Gaulle (un autre \u00ab th\u00e9oricien \u00bb qui en 1963 a fait partie des laur\u00e9ats potentiels du prix Nobel de litt\u00e9rature), \u00ab\u00a0l\u2019homo faber est tourn\u00e9 vers le monde ext\u00e9rieur, principalement vers le monde inanim\u00e9. Quand il se tourne du c\u00f4t\u00e9 des vivants, il tend, pour les appr\u00e9hender, \u00e0 leur appliquer les m\u00e9thodes d\u2019analyse qui lui r\u00e9ussissent si bien \u00e0 l\u2019\u00e9gard des objets inanim\u00e9s\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homo faber en entreprise fabrique ainsi son propre malheur car il lui manque les concepts et les th\u00e9ories pour comprendre le travail r\u00e9el, pour appr\u00e9hender les dynamiques qui se construisent avec lui et autour de lui, pour connaitre sa propre ignorance qui reste la meilleure part de la connaissance comme le dit Simone Weil. Il oublie d&rsquo;ailleurs que nos objets notamment les outils concrets ou abstraits sont des pharmakon (rem\u00e8de et poison \u00e0 la fois). S\u2019ils nous permettent d\u2019agir efficacement dans un univers relativement maitris\u00e9 (univers passablement mod\u00e9lisable, pr\u00e9dictibilit\u00e9 possible de certains \u00e9v\u00e9nements\u2026), dans un univers complexe ne permettant pas la r\u00e9p\u00e9tabilit\u00e9, \u00e9chappant au moins en partie \u00e0 une rationalisation \u00e0 priori et \u00e0 des modes op\u00e9ratoires (notamment les contextes de transformation au long court, avec des enjeux technologiques, des enjeux de d\u00e9veloppement durable, des enjeux sociaux et soci\u00e9taux), ils peuvent fondamentalement simplifier, alt\u00e9rer ou nous cacher une partie du r\u00e9el mais aussi une partie du jugement que nous pouvons avoir sur le r\u00e9el. Ainsi, d\u00e9ifier de tels objets comme c&rsquo;est souvent le cas en entreprise, c&rsquo;est prendre le risque, d\u2019une part, d\u2019ostraciser tout savoir, toute connaissance qui ne se transforme en \u00ab objet g\u00e9rable \u00bb ou en \u00ab langage de machine \u00bb, et d\u2019autre part, alt\u00e9rer notre capacit\u00e9 \u00e0 faire des jugements corrects sur les situations. Ce que confirme le sociologue Bernard Conein\u00a0: \u00ab\u00a0les objets sont susceptibles d\u2019\u00eatre des supports pour nos jugements sur l\u2019action, tant au moment de l\u2019ex\u00e9cution qu\u2019\u00e0 celui de l\u2019\u00e9valuation des r\u00e9sultats\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Comprendre le travail r\u00e9el et assurer la soutenabilit\u00e9 de l\u2019action collective n\u00e9cessitent bien s\u00fbr de l\u2019humilit\u00e9 car travailler, ce n\u2019est pas juste r\u00e9soudre des probl\u00e8mes, un voile myst\u00e9rieux entoure toujours cette activit\u00e9 humaine fondamentale malgr\u00e9 les progr\u00e8s gigantesques des sciences du travail. Cela n\u00e9cessite surtout des concepts et des th\u00e9ories pour appr\u00e9hender et appr\u00e9cier les interstices et les espaces cach\u00e9s aux confluences des mondes physique, subjectif et social lesquels entretiennent des relations dialogiques dans toute activit\u00e9 humaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Face au nihilisme des faits et aux marchands de sommeil conceptuel,  le r\u00e9armement th\u00e9orique est une n\u00e9cessit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc n\u00e9cessaire, pour tout intervenant en entreprise (travailleur au plus pr\u00e8s du terrain, manager, consultant, chercheur) de trouver le passage du simple au complexe en ayant un \u00ab\u00a0regard de m\u00e9canicien\u00a0\u00bb et une \u00ab\u00a0vision d\u2019architecte\u00a0\u00bb comme nous y enjoint Guindey. Ainsi, volens nolens, sans th\u00e9orie, comprendre la pratique et la rendre soutenable devient difficile voire impossible et pratiquer sans th\u00e9orie, c\u2019est investir inexorablement dans la d\u00e9ception. Il n\u2019y a donc rien de plus pratique qu\u2019une bonne th\u00e9orie et bien souvent, une mauvaise pratique n\u2019est que la victime d\u2019une mauvaise th\u00e9orie.<\/p>\n\n\n\n<p>En cherchant par tous les moyens des connaissances actionnables ici et maintenant par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019outils ou de langages techniques et en \u00e9liminant toutes les autres formes de connaissances, nous travaillons \u00e0 l\u2019effondrement de la capacit\u00e9 de penser en construisant un boulevard au nihilisme des faits, aux convictions obligatoires du moment, \u00e0 la cr\u00e9dulit\u00e9, aux innovateurs linguistiques, aux marchands de sommeil conceptuel, aux enjambeurs (du r\u00e9el) et autres mystificateurs de tout poil. Ce qu\u2019on n\u2019appr\u00e9hende pas, n\u2019existe point pour l\u2019esprit. Le manque de jugement est donc un d\u00e9ficit de concepts et de th\u00e9ories\u00a0pour appr\u00e9cier \u00ab\u00a0correctement\u00a0\u00bb le r\u00e9el. Ce manque de jugement traverse d&rsquo;ailleurs les fronti\u00e8res de l\u2019entreprise et a envahi la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re avec, notamment, des ph\u00e9nom\u00e8nes comme le complotisme. <\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est donc pas \u00e9tonnant aujourd&rsquo;hui, que dans le champ du management et de la gestion des entreprises, le crime qui ne fait pas partie du code p\u00e9nal de la raison soit le crime contre la logique et contre l\u2019esprit en g\u00e9n\u00e9ral. &nbsp;Ainsi, paradoxalement, nous n\u2019avons jamais eu autant de livres sur le management, d\u2019\u00e9coles de management (m\u00eame les IAE sont devenus des schools of management), d\u2019experts en management, de gourous du management, de coachs en management, d\u2019\u00e9tudiants qui choisissent la fili\u00e8re management, de cours de management dans les \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es (Sciences Po, ENA,\u2026), de cabinets de conseil en management, de modes manag\u00e9riaux et curieusement les maux du travail (bore-out, burn-out, stress chronique, fatigue compassionnelle voire suicides) et le d\u00e9sengagement des salari\u00e9s n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi importants. En outre, malgr\u00e9 cet \u00e9cosyst\u00e8me manag\u00e9rial f\u00e9cond (experts, corpus, outils&#8230;), selon les \u00e9tudes (Forrester, Gartner\u2026) entre 60 et 80 % des projets de transformation digitale sont des \u00e9checs c\u2019est-\u00e0-dire que les r\u00e9sultats op\u00e9rationnels escompt\u00e9s ne sont pas atteints. Pas besoin d\u2019\u00eatre un grand logicien pour se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond dans le royaume du management. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pourquoi lutter contre le savoir manag\u00e9rial st\u00e9rilement f\u00e9cond, contre la c\u00e9cit\u00e9 au r\u00e9el, c\u2019est investir dans la th\u00e9orie car nous ne souffrons pas de trop de th\u00e9orie mais d\u2019un manque de th\u00e9orie pour comprendre et accompagner les transformations d\u2019une entreprise devenue politique. En effet, si manager c\u2019est travailler le divers (des r\u00e9alit\u00e9s diverses allant dans des directions oppos\u00e9es), le divers n\u2019a \u00e9t\u00e9 jamais aussi complexe\u00a0: efficacit\u00e9 \u00e0 court terme vs soutenabilit\u00e9, citoyen vs consommateur, c\u0153ur vs raison, intuition vs pens\u00e9e, pr\u00e9servation de l\u2019environnement vs croissance etc.\u00a0 Aucune recette n\u2019a de prise sur une telle complexit\u00e9 et aucune discipline seule ne peut la p\u00e9n\u00e9trer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pas de transformation v\u00e9ritable sans ressources intellectuelles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019en investissant dans la th\u00e9orie pour comprendre au mieux le r\u00e9el, pour penser le pire afin de l\u2019\u00e9carter que nous pourrons&nbsp;faire \u00e9merger la force intellectuelle n\u00e9cessaire pour accompagner les grandes transformations du moment.<\/p>\n\n\n\n<p>Une telle force intellectuelle sera un antidote aux vices du langage en instaurant le fameux doute linguistique dont parlait Karl Kraus c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;apprendre \u00e0 voir des ab\u00eemes l\u00e0 o\u00f9 sont des lieux communs&nbsp;\u00bb. Cela passera par la promotion d\u2019un langage clair, pr\u00e9cis et exact, le contraire de la phras\u00e9ologie manag\u00e9riale actuelle. Nous disposerons ainsi de la rigueur intellectuelle n\u00e9cessaire pour lutter contre \u00ab&nbsp;l\u2019impolitesse de la pens\u00e9e&nbsp;\u00bb c\u2019est-\u00e0-dire contre le non-respect des faits, les crimes contre le raisonnement et la logique, les crimes contre l\u2019esprit en g\u00e9n\u00e9ral. Nous pourrons ainsi sortir du culte de la comp\u00e9tence totale car aucune comp\u00e9tence ne permet d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;comp\u00e9tent&nbsp;\u00bb dans le temps et dans l\u2019espace car elle n\u2019est synonyme que d\u2019adaptation \u00e0 une t\u00e2che alors que pour faire face au r\u00e9el, il est souvent n\u00e9cessaire de questionner et de d\u00e9passer la t\u00e2che. Nous aurons d\u00e8s lors, l\u2019ensemble des conditions n\u00e9cessaires \u00e0 la r\u00e9flexivit\u00e9 par rapport \u00e0 nos pratiques pour aller au-del\u00e0 du problem solving car comme le dit Val\u00e9ry, et je pense que l\u2019entreprise n\u2019y \u00e9chappe pas, \u00ab&nbsp;les petits faits inexpliqu\u00e9s contiennent toujours de quoi renverser toutes les explications des grands faits&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pouvons dire pour conclure que l\u2019homo faber a engendr\u00e9 un management de philistin, ironie de l\u2019histoire, seule la th\u00e9orie pourra sauver le philistin si vous ne voulons pas, comme l\u2019avait bien vu Karl Kraus, subordonner d\u00e9finitivement les raisons de vivre aux moyens de vivre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le monde de l\u2019entreprise, la connaissance dite th\u00e9orique (comprenez, de nos jours, les productions des sciences humaines et sociales non transformables en objets (outils ou \u00ab\u00a0langages de machine\u00a0\u00bb) n\u2019a plus bonne presse. D\u2019ailleurs avec le d\u00e9veloppement du financement priv\u00e9 ou public par projet et l&rsquo;exigence d&rsquo;un retour sur investissement calculable \u00e0 priori, certaines disciplines &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/ibrahimafall.com\/?p=559\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Sans r\u00e9armement th\u00e9orique, l\u2019\u00e9chec guette tout projet v\u00e9ritable de transformation des entreprises&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":560,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/559"}],"collection":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=559"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/559\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":578,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/559\/revisions\/578"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/560"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=559"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=559"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=559"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}