{"id":152,"date":"2017-11-23T10:25:26","date_gmt":"2017-11-23T09:25:26","guid":{"rendered":"http:\/\/ibrahimafall.com\/?p=152"},"modified":"2021-08-20T10:27:30","modified_gmt":"2021-08-20T08:27:30","slug":"le-consultant-en-management-a-t-il-toujours-sa-place-dans-un-monde-dalgorithme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ibrahimafall.com\/?p=152","title":{"rendered":"Le consultant en management a-t-il toujours sa place dans un monde d\u2019algorithme  ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Article publi\u00e9 dans la Tribune https:\/\/www.latribune.fr\/opinions\/tribunes\/le-consultant-en-management-a-t-il-toujours-sa-place-dans-un-monde-d-algorithme-758877.html<\/p>\n\n\n\n<p>Le consultant en management comme professionnel dont le m\u00e9tier est d&rsquo;assister les dirigeants et ses collaborateurs dans leurs processus de conception et d&rsquo;ex\u00e9cution de leur promesse de valeur par l&rsquo;optimisation des ressources, des organisations et par l&rsquo;innovation, accompagne depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle les grandes transformations de l&rsquo;entreprise. Impuls\u00e9 par la cr\u00e9ation des chemins de fer et du t\u00e9l\u00e9graphe aux \u00c9tats-Unis dans les ann\u00e9es 1870, le conseil en management devient une v\u00e9ritable industrie \u00e0 partir de 1890 avec le Sherman Act, une loi de r\u00e9gulation dans la lign\u00e9e des directives et lois r\u00e8glementaires actuelles, dont l&rsquo;objectif \u00e9tait de prot\u00e9ger les consommateurs contre les monopoles qui se constituaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Concepteur, co-concepteur des dispositifs de gestion ou metteur en sc\u00e8ne m\u00e9thodique, le consultant en management a su l\u00e9gitimer sa place dans le concert des entreprises \u00e0 travers l&rsquo;apport d&rsquo;efficacit\u00e9, l&rsquo;orchestration d&rsquo;innovations incr\u00e9mentales ou de ruptures et la p\u00e9rennisation des activit\u00e9s dont on lui confie temporairement la charge \u00e0 un moment donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La transformation digitale&nbsp;<em>(comprendre, ici, l&rsquo;utilisation des outils collaboratifs avanc\u00e9s, l&rsquo;intelligence artificielle et ses applications tels les syst\u00e8mes connexionnistes, le \u00ab\u00a0machine learning\u00a0\u00bb et autres outils \u00e0 base d&rsquo;algorithmes complexes)&nbsp;<\/em>a ceci de particulier qu&rsquo;elle porte sur la mise en \u0153uvre de technologies qui tendent \u00e0 s&rsquo;auto-suffire, s&rsquo;auto-organiser, s&rsquo;autor\u00e9guler malgr\u00e9 les vell\u00e9it\u00e9s de remettre l&rsquo;Homme \u00e0 sa juste place pour r\u00e9guler le processus en cours.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, quelle place pour le consultant en management lorsqu&rsquo;un des grands r\u00eaves des technicistes, l&rsquo;auto-\u00e9co-organisation \u00e0 l&rsquo;instar des \u00eatres vivants (concept d&rsquo;Edgar Morin), est sur le point d&rsquo;\u00eatre exauc\u00e9 par des outils technologiques de plus en plus puissants&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2>Le mythe fondateur de la machine<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;efficacit\u00e9 de la machine a toujours inspir\u00e9 les praticiens du management. D&rsquo;ailleurs Taylor, une des figures centrales du management ne s&rsquo;y \u00e9tait pas tromp\u00e9&nbsp;: l&rsquo;organisation du travail devait \u00eatre scientifique. La n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;efficacit\u00e9 devait s&rsquo;exprimer par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;une organisation-machine dans laquelle toute forme d&rsquo;action devait relever du juste calcul : cadence, rythme, gestes, temps&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la grande entreprise, c&rsquo;est d\u00e9finitivement la fin de l&rsquo;\u0153uvre, si par \u00ab&nbsp;\u0153uvre&nbsp;\u00bb nous attendons l&rsquo;activit\u00e9 qui consiste \u00e0 r\u00e9aliser un objet dans sa compl\u00e9tude : de sa conception \u00e0 sa r\u00e9alisation. Les t\u00e2ches sont d\u00e9sormais s\u00e9par\u00e9es et parcellis\u00e9es. La pens\u00e9e s&rsquo;\u00e9loigne de l&rsquo;action pour une plus grande efficacit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2>Triomphe de la rationalit\u00e9 instrumentale<\/h2>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats sont l\u00e0, la productivit\u00e9 augmente, la production de masse entra\u00eene la consommation de masse et vice-versa. L&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du niveau de vie et de confort de centaines de millions de personnes en sera aussi un des r\u00e9sultats. Le consultant en management sera un des acteurs de ce mouvement. Il a su, consciemment ou pas, accompagner le triomphe de la rationalit\u00e9 instrumentale dans les temps d&rsquo;euphorie \u00e9conomique comme dans les temps de crise. V\u00e9ritable bras arm\u00e9 ou t\u00eate pensante, le consultant en management a su, de tous temps, trouver et appliquer les m\u00e9thodes les plus efficaces pour r\u00e9ussir ses missions.<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9thodes impliquant des m\u00e9taphysiques, comme l&rsquo;a mis en exergue Albert Camus, la m\u00e9taphysique de la machine n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e. Elle est rest\u00e9e pr\u00e9sente en filigrane dans l&rsquo;essentiel des actes de gestion, et donc m\u00eame dans le langage. Nous continuons de parler de \u00ab\u00a0ressources\u00a0\u00bb humaines pour d\u00e9signer les acteurs humains pris dans les processus de cr\u00e9ation de valeur, de \u00ab&nbsp;problem solving&nbsp;\u00bb m\u00eame si l&rsquo;on sait au moins depuis Bertrand de Jouvenel que \u00ab&nbsp;le mythe de la solution&nbsp;\u00bb reste fort car dans tout processus port\u00e9 par des \u00eatres humains, c&rsquo;est un abus de langage que de parler de solutions.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce confinement des individus, ce corsetage des salari\u00e9s doit \u00eatre mis en perspective dans un mouvement plus vaste comme le rappelle Max Weber dans \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9thique protestante et l&rsquo;esprit du capitalisme\u00a0\u00bb :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>\u00ab Li\u00e9e \u00e0 la rationalisation de la technique et celle du droit, l&rsquo;\u00e9mergence du rationalisme \u00e9conomique fut en effet \u00e9galement tributaire de la capacit\u00e9 et de la disposition des hommes \u00e0 adopter des formes sp\u00e9cifiques de conduite de vie pratique et rationnelle. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette dynamique machiniste, bon nombre de consultants en management mais aussi de chercheurs en management ont jou\u00e9 leurs r\u00f4les d&rsquo;alerte sur les cons\u00e9quences d&rsquo;une logique gestionnaire purement instrumentale, ce quadrillage normatif des comportements dont parle Roland Gori. La pens\u00e9e taylorienne, cette logique de l&rsquo;efficacit\u00e9 pure, a infus\u00e9 dans les actes comme dans les corpus de connaissances. La machine continue donc de faire son \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;av\u00e8nement du num\u00e9rique de masse tend \u00e0 exaucer le r\u00eave de tout techniciste: baisser les co\u00fbts de transaction \u00e0 leur plus petite expression et repousser les limites de la gestion, du pilotage et du management vers l&rsquo;auto-exploitation, l&rsquo;auto-optimisation, l&rsquo;auto-(re)configuration. C&rsquo;est donc une r\u00e9volution technique port\u00e9e par des technologues qui finit par exaucer ce d\u00e9sir, bien que rarement formul\u00e9 clairement, de tout organisateur.<\/p>\n\n\n\n<h2>Travail d&rsquo;esclave, concurrence et algorithme<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;algorithme est en train de devenir de plus en plus l&rsquo;outil de gestion et le gestionnaire, ce qui mesure et ce qui s&rsquo;auto-mesure. Cette imbrication des r\u00f4les exprime bien toute la puissance de la r\u00e9volution num\u00e9rique que nous vivons. D\u00e9sormais, toute t\u00e2che r\u00e9p\u00e9titive peut tomber dans l&rsquo;escarcelle de la num\u00e9risation. D&rsquo;ailleurs, le p\u00e8re de la cybern\u00e9tique, Norbert Wiener ne s&rsquo;y \u00e9tait pas tromp\u00e9 avec cette analyse lumineuse dans un de ses ouvrages phares \u00ab&nbsp;Cybern\u00e9tique et soci\u00e9t\u00e9. L&rsquo;usage humain des \u00eatres humains&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>\u00ab&nbsp;Tout travailleur qui est en concurrence avec le travail d&rsquo;esclave doit accepter les conditions \u00e9conomiques du travail d&rsquo;esclave. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Par travail d&rsquo;esclave, il entendait un travail pouvant \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par une machine, aujourd&rsquo;hui, on ajouterait, tout travail pouvant \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par un algorithme. Norbert Wiener pensait bien s\u00fbr aux travailleurs directement positionn\u00e9s sur la ligne de production.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la puissance du num\u00e9rique, ce constat est d\u00e9sormais opposable aux consultants en management et m\u00eame plus largement \u00e0 quasiment tous les intervenants en entreprise, hormis, pour l&rsquo;instant, les usufruitiers du num\u00e9rique. La puissance des nouveaux outils disponibles et la perfection des dispositifs qui en d\u00e9coule, comme le pointait d\u00e9j\u00e0 Lewis Mumford, font que le centre de l&rsquo;autorit\u00e9 n&rsquo;est plus une \u00ab&nbsp;personnalit\u00e9 visible&nbsp;\u00bb mais \u00ab&nbsp;le syst\u00e8me lui-m\u00eame, invisible mais omnipr\u00e9sent&nbsp;\u00bb. L&rsquo;homme qui \u00ab&nbsp;appuie sur le bouton&nbsp;\u00bb, parfois d\u00e9sob\u00e9issant, \u00ab&nbsp;encore assez humain pour accueillir des fins ne co\u00efncidant toujours pas avec celles du syst\u00e8me&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 mis \u00ab&nbsp;sous contr\u00f4le&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alors, le consultant en management risque-t-il d&rsquo;\u00eatre prol\u00e9taris\u00e9 par le num\u00e9rique, c&rsquo;est-\u00e0-dire son savoir-faire essentiel capt\u00e9 par l&rsquo;algorithme comme jadis, la machine a capt\u00e9 le savoir-faire de l&rsquo;ouvrier ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le consultant en management, si son r\u00f4le est d&rsquo;\u00eatre un VRP de luxe des technologues (\u00e9diteurs, startups technologiques, etc.), voire un simple accompagnant d&rsquo;une irr\u00e9versible transformation num\u00e9rique, il dispara\u00eetra, en tout cas, sous sa forme actuelle car comme le dit un adage africain&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>\u00ab Celui qui entra\u00eene est toujours plus fort que celui qu&rsquo;on entra\u00eene. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Alors, une des solutions consistera \u00e0 entrer directement en concurrence avec les start-up ou les \u00e9diteurs ; dans ce cas, il faudra qu&rsquo;il acqui\u00e8re les capacit\u00e9s techniques n\u00e9cessaires et m\u00eame \u00eatre capable d&rsquo;avoir un avantage concurrentiel. Il cessera donc d&rsquo;\u00eatre un consultant en management. D\u00e8s lors, paraphrasant Arnold Toynbee, on peut dire que le consultant en management ne mourra pas par meurtre mais par suicide.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cependant, avec H\u00f6lderlin, le grand po\u00e8te, nous sommes d&rsquo;accord pour dire que&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;l\u00e0 o\u00f9 cro\u00eet le p\u00e9ril&#8230; cro\u00eet aussi ce qui sauve&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/strong>&nbsp;Il me semble, paradoxalement, que l&rsquo;on a jamais eu autant besoin d&rsquo;un consultant en management. En effet, ce qu&rsquo;on appelle \u00ab&nbsp;r\u00e9volution num\u00e9rique&nbsp;\u00bb n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la mat\u00e9rialisation d&rsquo;une puissance qui change de nature.<\/p>\n\n\n\n<p>La puissance jadis \u00e9manait des grands groupes, des grandes organisations avec une capacit\u00e9 d&rsquo;innovation descendante. D\u00e9sormais, elle \u00e9mane de plus en plus des individus, des salari\u00e9s. La capacit\u00e9 d&rsquo;innovation devient alors ascendante et c&rsquo;est ce que les start-up ont bien compris. Tout individu peut d\u00e9sormais \u00eatre porteur d&rsquo;innovations pouvant bouleverser ou enrichir le march\u00e9 mais aussi d&rsquo;une pens\u00e9e critique capable de questionnement, de mise en perspective mais aussi de limitation.<\/p>\n\n\n\n<h2>Reconfigurer l&rsquo;\u00e9pist\u00e8m\u00ea de l&rsquo;entreprise<\/h2>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce changement radical, c&rsquo;est un truisme voire une lapalissade de dire que l&rsquo;intelligence collective devient indispensable, la capacit\u00e9 de cr\u00e9ation devient centrale. Remettre l&rsquo;humain au c\u0153ur des processus devient un enjeu strat\u00e9gique et organisationnel mais aussi de survie pour les entreprises. N\u00e9anmoins, une fois le constat fait, il faut le traduire en actes pour \u00e9viter de ne manipuler que des symboles.<br>Il me semble que c&rsquo;est dans cette optique que le consultant en management a toute sa place : penser et impl\u00e9menter les outils \u00e0 m\u00eame de donner corps \u00e0 cette ambition. Il s&rsquo;agit de reconfigurer l&rsquo;\u00e9pist\u00e8m\u00ea de l&rsquo;entreprise. Cette fois ci, les outils ne seront plus exclusivement, loin s&rsquo;en faut, les outils de l&rsquo;ing\u00e9nieur pl\u00e9biscit\u00e9s jusque-l\u00e0 dans la pratique mais les outils du sociologue, du psychologue, du psychanalyste, de l&rsquo;historien&#8230; enfin, tous les m\u00e9tiers fond\u00e9s sur le r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il s&rsquo;agit de faire co\u00efncider les n\u00e9cessit\u00e9s humaines de cr\u00e9ation avec la logique organisationnelle, il s&rsquo;agit d&rsquo;allier la r\u00e9flexion (le temps long) avec le r\u00e9flexe (le temps court), l&rsquo;int\u00e9r\u00eat organisationnel et le bien-\u00eatre des salari\u00e9s.<\/strong>&nbsp;La personne humaine devient, par la force des choses, le r\u00e9gulateur de cette nouvelle dynamique. Comme r\u00e9gulateur, elle doit alimenter le dispositif non pas simplement comme pourfendeur des probl\u00e8mes&nbsp;<em>(problem solving)<\/em>&nbsp;mais comme pourfendeur des impens\u00e9es pour \u00e9viter l&rsquo;entropie.<\/p>\n\n\n\n<h2>Confrontation ou dialogue num\u00e9rique\/humain ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Le consultant en management doit accompagner cette mutation non pas comme un suiviste efficace mais comme un acteur-cr\u00e9ateur. C&rsquo;est le garant du d\u00e9passement de ce que j&rsquo;appelle le paradoxe de l&rsquo;\u00e9poque&nbsp;: donner du sens \u00e0 une puissance autocr\u00e9ative.<br>N\u00e9anmoins, si c&rsquo;est la voie choisie, elle ne se fera pas en un claquement de doigts. Une telle mutation doit \u00eatre ancr\u00e9e dans un univers appropri\u00e9. En effet, on ne pourra pas avoir des salari\u00e9s-acteurs avec des outils qui cr\u00e9ent de la servitude voulue et\/ou latente. Les outils, tout comme l&rsquo;entreprise et son r\u00f4le dans l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me soci\u00e9tal, devront \u00eatre repens\u00e9s&nbsp;; ce travail est d&rsquo;ailleurs en cours dans bon nombre de centres de recherche avant-gardistes. C&rsquo;est \u00e0 ce prix que le dialogue num\u00e9rique\/humain pourra avoir lieu. Autrement, l&rsquo;humain continuera de se conformer jusqu&rsquo;\u00e0 devenir superflu (Patrick Vassort) ou tout simplement obsol\u00e8te (G\u00fcnther Anders). Peu de personnes, mis \u00e0 part les transhumanistes les plus d\u00e9raisonnables, partagent un tel destin tragique.<\/p>\n\n\n\n<p>On a donc de bonnes raisons de croire que le consultant en management non seulement survivra \u00e0 la r\u00e9volution num\u00e9rique mais pourrait en donner la teneur m\u00eame si pour cela, il faut qu&rsquo;il joue pleinement son r\u00f4le de \u00ab&nbsp;m\u00e9nagement&nbsp;\u00bb (du verbe m\u00e9nager) c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;arbitrer avec mod\u00e9ration, sagacit\u00e9 et opini\u00e2tret\u00e9 la confrontation qu&rsquo;Albert Camus avait mis en exergue&nbsp;: celle entre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;l&rsquo;appel humain et le silence d\u00e9raisonnable du monde&nbsp;\u00bb.<\/em>&nbsp;Une transformation manag\u00e9riale du num\u00e9rique sera \u00e0 ce prix.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Tout travailleur qui est en concurrence avec le travail d&rsquo;esclave doit accepter les conditions \u00e9conomiques du travail d&rsquo;esclave. \u00bb Cette citation du p\u00e8re de la cybern\u00e9tique, Norbert Wiener, exprime bien toute la puissance de la r\u00e9volution num\u00e9rique que nous vivons. De fait, le risque de prol\u00e9tarisation par le num\u00e9rique impacte les consultants en management comme tous les intervenants en entreprise, hormis, pour l&rsquo;instant, les usufruitiers du num\u00e9rique. Par Ibrahima Fall, docteur en management et directeur au sein d&rsquo;Eurogroup Consulting.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/152"}],"collection":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=152"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/152\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":153,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/152\/revisions\/153"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=152"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=152"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=152"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}