{"id":1261,"date":"2026-08-31T09:25:45","date_gmt":"2026-08-31T07:25:45","guid":{"rendered":"https:\/\/ibrahimafall.com\/?p=1261"},"modified":"2026-08-31T09:34:31","modified_gmt":"2026-08-31T07:34:31","slug":"plaidoyer-pour-le-droit-de-ne-pas-etre-immediatement-simple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ibrahimafall.com\/?p=1261","title":{"rendered":"Plaidoyer pour le droit de ne pas \u00eatre imm\u00e9diatement simple"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">\u00ab Ce qui est simple est toujours faux. Ce qui ne l\u2019est pas est inutilisable \u00bb, \u00e9crit Paul Val\u00e9ry dans&nbsp;<em>Mauvaises pens\u00e9es et autres<\/em>. La formule place la pens\u00e9e devant une difficult\u00e9 dont elle ne peut compl\u00e8tement sortir : pour comprendre, expliquer et agir, nous devons r\u00e9duire, s\u00e9lectionner, sch\u00e9matiser. Cependant toute r\u00e9duction laisse n\u00e9cessairement quelque chose de c\u00f4t\u00e9. La question n\u2019est donc pas de savoir s\u2019il faut simplifier. Nous le faisons constamment. Elle est de savoir jusqu\u2019o\u00f9 nous pouvons le faire sans d\u00e9former ce que nous cherchons \u00e0 comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Or notre \u00e9poque semble avoir quelque peu oubli\u00e9 cette tension. Il faut d\u00e9sormais \u00ab faire simple \u00bb. L\u2019injonction traverse l\u2019entreprise, les m\u00e9dias, l\u2019\u00e9dition, l\u2019enseignement et jusqu\u2019\u00e0 l\u2019action publique. Un article doit aller \u00e0 l\u2019essentiel, une pr\u00e9sentation tenir en quelques messages, un livre pouvoir se r\u00e9sumer en une th\u00e8se, une pens\u00e9e se traduire en quelques \u00ab points cl\u00e9s \u00bb. La simplicit\u00e9 est devenue une qualit\u00e9 si \u00e9vidente qu\u2019il para\u00eet presque incongru de la discuter. Qui voudrait d\u00e9fendre la complication ? Personne, \u00e9videmment mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui rend l\u2019injonction difficile \u00e0 interroger car, sous le m\u00eame verbe, \u00ab simplifier \u00bb, nous rangeons des op\u00e9rations qui n\u2019ont pas le m\u00eame sens. Rendre une pens\u00e9e plus claire n\u2019est pas n\u00e9cessairement la rendre plus simple ; la rendre accessible n\u2019est pas la r\u00e9duire ; \u00eatre concis n\u2019est pas supprimer les nuances ; vulgariser ne consiste pas \u00e0 retrancher d\u2019un savoir tout ce qui fait sa difficult\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les distinctions sont importantes. La clart\u00e9 concerne la mani\u00e8re dont une pens\u00e9e est expos\u00e9e ; l\u2019accessibilit\u00e9, les conditions permettant d\u2019y entrer ; la concision, l\u2019\u00e9conomie des mots ; l\u2019intelligibilit\u00e9, la possibilit\u00e9 de suivre un raisonnement. La simplification d\u00e9signe une autre op\u00e9ration : elle r\u00e9duit le nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments, de relations ou de distinctions retenus pour repr\u00e9senter une r\u00e9alit\u00e9. Un texte peut donc \u00eatre complexe et clair, long et intelligible, accessible et subtil. Une proposition peut surtout \u00eatre simple et fausse.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Reste un autre mot : le simplisme. Il est tentant de l\u2019utiliser pour r\u00e9gler le probl\u00e8me : il suffirait de distinguer la bonne simplification du mauvais simplisme mais ce serait aller un peu vite. Le simplisme d\u00e9signe d\u00e9j\u00e0 le r\u00e9sultat que nous voulons \u00e9viter : une explication qui r\u00e9duit abusivement ce dont elle parle. Il ne nous dit pas \u00e0 quel moment une simplification devient simpliste. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette fronti\u00e8re qui est int\u00e9ressante. Il n\u2019existe pas de seuil universel. Tout d\u00e9pend de l\u2019objet, de la situation et de ce que l\u2019on cherche \u00e0 en faire. Une repr\u00e9sentation peut \u00eatre suffisamment simple pour un usage et dangereusement simpliste pour un autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous demandons pourtant souvent de simplifier l\u00e0 o\u00f9 nous devrions demander de clarifier, de pr\u00e9ciser, d\u2019expliciter, de raccourcir ou de rendre accessible. Dans un cas, on retire ce qui emp\u00eache de comprendre ; dans l\u2019autre, on peut retirer une partie de ce qu\u2019il y avait \u00e0 comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La simplification comme programme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette pr\u00e9f\u00e9rence ne concerne plus seulement la circulation des id\u00e9es. La simplification est devenue un objectif explicite de l\u2019action publique. En mai 2026, une loi de \u00ab simplification de la vie \u00e9conomique \u00bb a \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e. Son architecture m\u00eame est r\u00e9v\u00e9latrice : simplifier l\u2019organisation de l\u2019administration, simplifier les d\u00e9marches des entreprises, faciliter leur acc\u00e8s \u00e0 la commande publique. Quelques semaines plus tard, le S\u00e9nat examinait un autre projet de loi, cette fois consacr\u00e9 \u00e0 la simplification des normes applicables aux collectivit\u00e9s territoriales.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s\u2019agit \u00e9videmment pas de contester la n\u00e9cessit\u00e9 de telles d\u00e9marches. Une proc\u00e9dure inutilement compliqu\u00e9e ne devient pas plus intelligente parce qu\u2019elle est compliqu\u00e9e. Une norme incompr\u00e9hensible, un formulaire redondant ou une organisation bureaucratique absurde ne m\u00e9ritent aucune d\u00e9fense au nom de la complexit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le d\u00e9bat parlementaire de juin 2026 fait appara\u00eetre une difficult\u00e9 plus int\u00e9ressante. Fran\u00e7oise Gatel, ministre de l\u2019am\u00e9nagement du territoire et de la d\u00e9centralisation, charg\u00e9e de d\u00e9fendre le projet de loi de simplification, reconna\u00eet elle-m\u00eame que la prolif\u00e9ration normative tient aussi \u00e0 \u00ab la complexit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb : protection des libert\u00e9s, environnement, s\u00e9curit\u00e9 constituent autant d\u2019exigences qu\u2019il faut faire tenir ensemble. Elle rel\u00e8ve \u00e9galement une contradiction : les \u00e9lus demandent simultan\u00e9ment davantage de simplification et davantage de s\u00e9curisation ; les citoyens davantage de libert\u00e9 tout en exigeant davantage de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 peut-\u00eatre le probl\u00e8me dans sa forme la plus concr\u00e8te : nous voulons simplifier sans toujours pouvoir renoncer aux exigences qui produisent la complexit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut alors distinguer deux mots que nous confondons trop facilement : la complexit\u00e9 et la complication.<\/p>\n\n\n\n<p>La complication est souvent de notre fait : doublons, proc\u00e9dures inutiles, responsabilit\u00e9s enchev\u00eatr\u00e9es, mauvais formulaires, langage incompr\u00e9hensible. Il faut la combattre mais une r\u00e9alit\u00e9 peut \u00eatre complexe sans \u00eatre inutilement compliqu\u00e9e. Une norme environnementale peut compliquer un projet parce que la pr\u00e9servation de l\u2019environnement introduit une exigence suppl\u00e9mentaire. Une proc\u00e9dure contradictoire peut ralentir une d\u00e9cision parce que plusieurs droits l\u00e9gitimes s\u2019opposent. Une organisation peut \u00eatre difficile \u00e0 gouverner parce que ses objectifs sont contradictoires. Une d\u00e9cision \u00e9conomique peut \u00eatre difficile parce que ses cons\u00e9quences sont incertaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute complexit\u00e9 n\u2019est pas une complication. Et supprimer la repr\u00e9sentation d\u2019un probl\u00e8me n\u2019a jamais suffi \u00e0 supprimer le probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une n\u00e9cessit\u00e9 de circulation devenue vertu cognitive<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi cette pr\u00e9f\u00e9rence pour la simplicit\u00e9 s\u2019est-elle n\u00e9anmoins impos\u00e9e avec une telle force ? Les conditions contemporaines de circulation des id\u00e9es y sont pour beaucoup. Dans une \u00e9conomie o\u00f9 l\u2019attention est rare, tout ce qui diminue le co\u00fbt d\u2019entr\u00e9e d\u2019un contenu constitue un avantage. La simplicit\u00e9 permet pr\u00e9cis\u00e9ment la compression. Une id\u00e9e qui tient en une phrase devient un titre ; en quelques lignes, un post ; en cinq principes, une pr\u00e9sentation. Plus une id\u00e9e est compressible, plus elle est circulable.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a rien de condamnable \u00e0 cela. Toute \u00e9poque produit des formes adapt\u00e9es \u00e0 ses moyens de diffusion. Le probl\u00e8me commence lorsque nous oublions l\u2019origine de cette pr\u00e9f\u00e9rence et transformons une propri\u00e9t\u00e9 avantageuse pour la circulation des id\u00e9es en crit\u00e8re de leur valeur intellectuelle. Une n\u00e9cessit\u00e9 de circulation devient une vertu cognitive.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne disons alors plus seulement qu\u2019une id\u00e9e simple circule mieux. Nous en venons \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019une bonne id\u00e9e doit pouvoir \u00eatre simple. La simplicit\u00e9 devient un signe de ma\u00eetrise intellectuelle ; ce qui r\u00e9siste devient suspect : trop th\u00e9orique, trop subtil, trop compliqu\u00e9. C\u2019est en ce sens que l\u2019on peut parler d\u2019une id\u00e9ologie de la simplification : non pas le go\u00fbt l\u00e9gitime des choses bien expliqu\u00e9es, mais la transformation de la simplicit\u00e9 en qualit\u00e9 intrins\u00e8que de la bonne pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Neanmoins, les conditions de circulation des id\u00e9es n\u2019expliquent pas tout. Notre go\u00fbt de la simplicit\u00e9 rencontre une autre transformation : notre rapport \u00e0 la difficult\u00e9 elle-m\u00eame.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons appris \u00e0 supprimer les frictions. Nos objets doivent \u00eatre intuitifs, nos services fluides, nos d\u00e9marches instantan\u00e9es. Chaque clic suppl\u00e9mentaire est un d\u00e9faut d\u2019exp\u00e9rience. Cette recherche de facilit\u00e9 nous a rendu d\u2019immenses services, mais nous avons peut-\u00eatre fini par importer cette philosophie de l\u2019interface dans notre vie intellectuelle. Nous devenons, sans toujours le vouloir ni m\u00eame le savoir, les condottieri de la facilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous finissons alors par oublier que toute difficult\u00e9 n\u2019est pas une friction inutile. Il existe \u00e9videmment des difficult\u00e9s artificielles : le jargon, la mauvaise p\u00e9dagogie, la phrase inutilement alambiqu\u00e9e. Il faut les combattre sans faiblesse car la profondeur n\u2019est pas synonyme d\u2019obscurit\u00e9. N\u00e9anmoins, il existe aussi des difficult\u00e9s qui tiennent \u00e0 la chose elle-m\u00eame. Une organisation, une d\u00e9cision politique, une relation humaine, une th\u00e9orie scientifique ou philosophique peuvent \u00eatre difficiles \u00e0 comprendre parce qu\u2019elles sont faites d\u2019interd\u00e9pendances, de contradictions, d\u2019histoires et d\u2019incertitudes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le r\u00e9el, lui, n\u2019a sign\u00e9 aucun contrat de simplicit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, supprimer toute difficult\u00e9 peut conduire \u00e0 supprimer une partie de ce qu\u2019il faudrait comprendre. Une contradiction encombre le raisonnement, une exception oblige \u00e0 ajouter trois phrases, une incertitude affaiblit la conclusion : on les retire. Le propos devient plus net, plus m\u00e9morisable, plus facilement transmissible mais cette victoire de la simplicit\u00e9 peut \u00eatre une d\u00e9faite de la justesse.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ici que la distinction avec le simplisme retrouve son utilit\u00e9. Le simplisme n\u2019est peut-\u00eatre pas l\u2019exc\u00e8s de simplicit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Il commence lorsque la simplicit\u00e9 de notre repr\u00e9sentation n\u2019est plus compatible avec la complexit\u00e9 pertinente de ce qu\u2019elle pr\u00e9tend repr\u00e9senter.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, le simplisme commence peut-\u00eatre lorsque nous exigeons du r\u00e9el qu\u2019il se conforme \u00e0 la simplicit\u00e9 de nos repr\u00e9sentations.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut simplifier sans simplisme tant que ce que l\u2019on retranche n\u2019est pas d\u00e9cisif pour le jugement que l\u2019on porte ou l\u2019action que l\u2019on m\u00e8ne. C\u2019est pourquoi aucune m\u00e9thode de simplification ne peut nous dispenser d\u2019une question : qu\u2019avons-nous perdu en simplifiant ?<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, notre probl\u00e8me n\u2019est peut-\u00eatre pas que nous simplifions trop. Nous ne pouvons pas ne pas simplifier. Il est plut\u00f4t que nous avons cess\u00e9 de consid\u00e9rer la perte produite par toute simplification comme un probl\u00e8me intellectuel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le droit \u00e0 la nuance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Notre go\u00fbt de la simplification r\u00e9v\u00e8le enfin un rapport particulier au temps. Nous supportons de moins en moins le d\u00e9lai entre la rencontre d\u2019une id\u00e9e et sa compr\u00e9hension. Pourtant, comprendre n\u2019est pas toujours instantan\u00e9. Une phrase peut devenir claire plusieurs pages plus loin ; un concept demander plusieurs rencontres ; un livre continuer \u00e0 travailler son lecteur apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 referm\u00e9. L\u2019effort n\u2019est pas toujours le prix regrettable de la compr\u00e9hension. Il peut en faire partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Que serait-il arriv\u00e9 si nous avions soumis les grandes \u0153uvres du pass\u00e9 \u00e0 notre exigence contemporaine d\u2019imm\u00e9diate simplicit\u00e9 ? Il ne s\u2019agit \u00e9videmment pas de faire de la difficult\u00e9 un crit\u00e8re de profondeur. Un texte obscur peut simplement \u00eatre mauvais. Mais combien de pens\u00e9es auraient perdu quelque chose d\u2019essentiel si l\u2019on avait demand\u00e9 \u00e0 leurs auteurs d\u2019en supprimer tout ce qui ne pouvait \u00eatre imm\u00e9diatement compris ? Le r\u00e9sum\u00e9 d\u2019une pens\u00e9e n\u2019est pas la pens\u00e9e. Le r\u00e9sultat d\u2019un raisonnement ne se s\u00e9pare pas toujours du chemin qui permet d\u2019y parvenir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019intelligence artificielle rend cette question plus pressante encore. Nous pouvons d\u00e9sormais r\u00e9sumer un livre en quelques secondes, condenser trente pages en cinq paragraphes, extraire les \u00ab id\u00e9es essentielles \u00bb d\u2019un raisonnement. Le gain est consid\u00e9rable mais cette puissance de compression pourrait aussi nous habituer \u00e0 consid\u00e9rer toute r\u00e9sistance intellectuelle comme un d\u00e9faut \u00e0 supprimer et toute connaissance comme une mati\u00e8re ind\u00e9finiment compressible.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons peut-\u00eatre tellement appris \u00e0 supprimer les frictions du monde que nous ne savons plus distinguer celles qui nous emp\u00eachent d\u2019avancer de celles qui nous permettent d\u2019apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 ce droit qu\u2019il faudrait peut-\u00eatre d\u00e9fendre : le droit de ne pas \u00eatre imm\u00e9diatement simple&nbsp;: non pas le droit d\u2019\u00eatre incompr\u00e9hensible, mais celui de demander du temps ; non pas le droit de compliquer, mais celui de conserver une nuance n\u00e9cessaire ; non pas le droit de tenir le lecteur \u00e0 distance, mais celui de consid\u00e9rer qu\u2019il est capable d\u2019un effort.<\/p>\n\n\n\n<p>La question n\u2019est finalement ni de c\u00e9l\u00e9brer la simplicit\u00e9 ni de faire l\u2019\u00e9loge de la complexit\u00e9. Val\u00e9ry avait pos\u00e9 le probl\u00e8me avec une remarquable \u00e9conomie : le simple risque le faux, ce qui ne l\u2019est pas risque l\u2019inutilisable. Nous sommes condamn\u00e9s \u00e0 travailler dans cet intervalle.<\/p>\n\n\n\n<p>Simplifier est une n\u00e9cessit\u00e9. Savoir ce que l\u2019on perd en simplifiant est une exigence car le r\u00e9el, lui, conservera toujours le droit de ne pas \u00eatre simple.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Ce qui est simple est toujours faux. Ce qui ne l\u2019est pas est inutilisable \u00bb, \u00e9crit Paul Val\u00e9ry dans&nbsp;Mauvaises pens\u00e9es et autres. La formule place la pens\u00e9e devant une difficult\u00e9 dont elle ne peut compl\u00e8tement sortir : pour comprendre, expliquer et agir, nous devons r\u00e9duire, s\u00e9lectionner, sch\u00e9matiser. 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