{"id":125,"date":"2021-03-22T10:00:45","date_gmt":"2021-03-22T09:00:45","guid":{"rendered":"http:\/\/ibrahimafall.com\/?p=125"},"modified":"2021-09-20T09:23:06","modified_gmt":"2021-09-20T07:23:06","slug":"leffet-faber-ou-les-limites-de-la-bonne-volonte-dans-la-gestion-des-entreprises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ibrahimafall.com\/?p=125","title":{"rendered":"L\u2019effet Faber ou les limites de la bonne volont\u00e9 dans la gestion des entreprises"},"content":{"rendered":"\n<p>Article publi\u00e9 sur Forbes   https:\/\/www.forbes.fr\/management\/leffet-faber-ou-les-limites-de-la-bonne-volonte-dans-la-gestion-des-entreprises\/<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le compromis fordiste qui acta \u00ab l\u2019acceptation \u00bb de l\u2019organisation scientifique du travail et de ses inconv\u00e9nients par les salari\u00e9s, qui symboliquement mais aussi concr\u00e8tement donna pendant plusieurs d\u00e9cennies un blanc-seing aux dirigeants et aux actionnaires, le pouvoir de pr\u00e9sider seuls aux destin\u00e9es des entreprises avec comme contrepartie un certain nombre d\u2019avantages (\u00ab partage \u00bb de la valeur et plus tard, l\u2019assurance ch\u00f4mage et quelques garanties sp\u00e9cifiques), a fait son temps.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les d\u00e9rives de certaines entreprises (licenciements boursiers, exploration intensive des ressources naturelles, law shooping ou la possibilit\u00e9 pour les entreprises de choisir pour investir ou pour se prot\u00e9ger de poursuites un Etat en fonction de sa justice \u2026) coupl\u00e9es \u00e0 la crise \u00e9cologique, aux \u00e9volutions sociales et soci\u00e9tales, aux disparit\u00e9s de revenus dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s comme dans les pays en voie de d\u00e9veloppement, battent en br\u00e8che l\u2019absolutisme d\u2019une entreprise sans feu ni lieu et d\u2019un management comme \u00ab technique de pouvoir du propri\u00e9taire \u00bb. D\u00e9sormais, les desseins d\u2019une entreprise socialement et soci\u00e9talement responsable \u00e9mergent et dessinent les contours d\u2019un nouveau paradigme \u00e9conomique et manag\u00e9rial. Il s\u2019agit d\u2019une entreprise qui jouerait enfin pleinement son r\u00f4le institutionnel c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab politique \u00bb dans le sens premier du terme, celui qui l\u2019enjoint \u00e0 se situer et \u00e0 agir dans un contexte \u00e9conomique, social, soci\u00e9tal et environnemental afin de \u00ab ne pas perdre le sens des ensembles \u00bb. Dans cette optique, la mise en \u0153uvre d\u2019une gestion situ\u00e9e qui laisse aux communs et \u00e0 l\u2019incalculable une juste place devient une exigence difficilement n\u00e9gociable.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, nous avons vu apparaitre une sorte de concours L\u00e9pine de la bonne volont\u00e9 pour transformer les entreprises et le management. Ces \u00ab belles \u00bb et \u00ab bonnes \u00bb id\u00e9es sont rarement performatives car la bonne volont\u00e9 ne suffit pas pour changer le r\u00e9el. L\u2019acte en soi de gouverner les hommes n\u2019a que rarement des effets directs sur le r\u00e9el. C\u2019est un acte m\u00e9diatis\u00e9. Une m\u00e9diation \u00e0 bon escient requiert de penser les conditions de possibilit\u00e9s qui rendent le terreau favorable. &nbsp;Lorsque les conditions ne sont pas r\u00e9unies, les vell\u00e9it\u00e9s d\u2019action voire de transformation sont inexorablement vou\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chec.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici quelques illustrations de ce que j\u2019appelle l\u2019effet Faber c\u2019est-\u00e0-dire les limites de la bonne volont\u00e9 ou l\u2019absence de r\u00e9flexion et d\u2019action sur les conditions de possibilit\u00e9s. L\u2019affaire Danone avec l\u2019\u00e9viction du PDG charismatique de l\u2019entreprise&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.forbes.fr\/entrepreneurs\/le-vaccin-astrazeneca-est-sur-et-efficace-emmanuel-faber-dit-au-revoir-a-danone-les-patrons-tres-confiants-pour-2021\/\">Emmanuel Faber<\/a>&nbsp;sous la pression de fonds d\u2019investissement n\u2019est pas juste une illustration des p\u00e9rip\u00e9ties, des tribulations du jeune statut d\u2019entreprise \u00e0 mission, elle est selon moi, une illustration parfaite des limites de la bonne volont\u00e9 en entreprise, instrument qui s\u2019av\u00e8re insuffisant face \u00e0 un r\u00e9el de plus en plus complexe et inhospitalier pour les v\u0153ux pieux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul><li><strong>Le statut d\u2019entreprise \u00e0 mission ne suffit pas pour rendre l\u2019entreprise responsable<\/strong>: Quoi de plus normal que de commencer ce \u00ab hall of fame \u00bb de l\u2019humanisme verbal par ce qui a inspir\u00e9 cet article. Ne nous m\u00e9prenons pas, le statut d\u2019entreprise \u00e0 mission est bien s\u00fbr une vraie avanc\u00e9e dans la prise en compte par les entreprises de leur r\u00f4le politique comme une des institutions centrales dans la soci\u00e9t\u00e9. N\u00e9anmoins, il serait bien na\u00eff de croire qu\u2019un statut aussi symbolique qu\u2019il soit, suffit pour changer les fondamentaux de l\u2019entreprise. Ceux qui doivent \u00eatre convaincus, ce sont les actionnaires actuels et futurs de l\u2019entreprise. Comment une entreprise peut-elle \u00eatre responsable sans que les actionnaires pr\u00e9sents et futurs le soient ? Comment convaincre les actionnaires d\u2019\u00eatre responsables sans un \u00e9tat qui prend ses responsabilit\u00e9s par exemple en incitant fortement \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019une comptabilit\u00e9 inclusive c\u2019est-\u00e0-dire une comptabilit\u00e9 qui int\u00e8gre les enjeux environnementaux et sociaux dans les bilans comptables ou en mettant en place des protections juridiques appropri\u00e9es contre les potentiels raids d\u2019investisseurs \u00ab non-\u00e9thiques \u00bb ? L\u2019histoire du statut d\u2019entreprise \u00e0 mission n\u2019est pas encore totalement \u00e9crite mais je ne doute pas que sa p\u00e9rennit\u00e9 et son efficacit\u00e9 passeront par la mise en \u0153uvre des conditions effectives de \u00ab&nbsp;production&nbsp;\u00bb d\u2019une entreprise responsable, fruit d\u2019une conjonction de volont\u00e9s mais aussi d\u2019instruments juridiques et organisationnels non optionnels. &nbsp;Cela devrait permettre \u00e0 l\u2019avenir de contrer cet effet Faber qui aura n\u00e9anmoins marqu\u00e9 une prise de conscience des pouvoirs publics et des citoyens du chemin restant \u00e0 parcourir pour mettre en \u0153uvre les conditions de possibilit\u00e9s d\u2019une entreprise r\u00e9ellement responsable.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li><strong>La volont\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de transformer l\u2019enseignement dans le sup\u00e9rieur pour \u00ab&nbsp;reformer&nbsp;\u00bb les esprits face \u00e0 la crise du capitalisme reste un v\u0153u sans suite<\/strong>&nbsp;: Depuis au moins la crise financi\u00e8re de 2008, reformer l\u2019enseignement dans le sup\u00e9rieur pour mieux former les \u00e9tudiants, futurs acteurs de l\u2019entreprise, aux d\u00e9fis actuels et \u00e0 venir, est un objectif louable mais la volont\u00e9 seule ne suffit point. En effet, comment reformer l\u2019enseignement en continuant et en acc\u00e9l\u00e9rant la mise en \u0153uvre de la p\u00e9dagogie par la comp\u00e9tence ? N\u2019oublions pas que la comp\u00e9tence, c\u2019est \u00ab&nbsp;<em>la possibilit\u00e9, dans le respect des r\u00e8gles d\u2019un code, de produire librement un nombre ind\u00e9fini de performances impr\u00e9visibles, mais coh\u00e9rentes entre elles et adapt\u00e9es \u00e0 la situation<\/em>&nbsp;\u00bb (Olivier Reboul). D\u00e8s lors, la comp\u00e9tence n\u2019est rien d\u2019autre que le potentiel pour satisfaire une t\u00e2che donn\u00e9e dans le respect des instructions. Ainsi, la comp\u00e9tence est un artefact qui continue une certaine logique taylorienne par d\u2019autres moyens. Il semble bien difficile de reformer les esprits, de les rendre plus libres pour soutenir, penser des actions situ\u00e9es par des moyens qui annihilent toute puissance d\u2019expansion&nbsp;: pour penser, il faut \u00eatre capable de discernement, de \u00ab critiquer \u00bb la t\u00e2che, c\u2019est-\u00e0-dire ne pas s\u2019y adapter mais la d\u00e9passer en la mettant en perspective dans un environnement situ\u00e9 (\u00e9conomique, politique, social) sans oublier les vis\u00e9es axiologiques et \u00e9thiques. Penser, c\u2019est bifurquer disait feu Bernard Stiegler. Toujours, dans cette vell\u00e9it\u00e9 de reformer l\u2019enseignement dans les \u00e9coles du sup\u00e9rieur, un nouveau mantra a vu le jour&nbsp;: hybridation des disciplines. L\u2019hybridation des disciplines est pour moi un non-sens car lorsque toutes les disciplines seront hybrides, il n\u2019y aura plus qu\u2019une seule discipline&nbsp;: c\u2019est de la dialectique \u00e9l\u00e9mentaire. C\u2019est illusoire. L\u2019esprit humain a besoin de partitionner pour finement analyser et de relier pour comprendre (la fameuse reliance si importante pour&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Edgar_Morin\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Edgar Morin<\/a>). La reliance, ce n\u2019est pas une hybridation des disciplines. C\u2019est la diplomatie des disciplines. En management par exemple, la diplomatie des disciplines permet d\u2019une part, de d\u00e9construire les fictions manag\u00e9riales \u00e0 la lumi\u00e8re des corpus de connaissances disponibles en sociologie, en psychologie du travail et des organisations, en anthropologie, bref tout corpus de connaissances pouvant \u00e9clairer l\u2019action collective ; d\u2019autre part, d\u2019enrichir le corpus de connaissances en management (charge s\u00e9mantique, symbolique et concr\u00e8te). Une telle entreprise a un double objectif : r\u00e9introduire de la complexit\u00e9 c\u2019est-\u00e0-dire la r\u00e9alit\u00e9 dans la compr\u00e9hension de l\u2019action collective en entreprise ; User de cette complexit\u00e9 non pas comme un frein \u00e0 l\u2019action mais comme le lit de toute action ancr\u00e9e dans le temps et productrice de sens. On est bien loin d\u2019une initiation \u00e0 la philosophie ou \u00e0 la sociologie (pour ne citer que ces disciplines) estampill\u00e9e \u00ab hybridation des disciplines \u00bb.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li><strong>Malgr\u00e9 les appels \u00e0 la responsabilisation des collaborateurs, ces derniers continuent de se heurter \u00e0 des dispositifs de gestion castrateurs&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Face \u00e0 une capacit\u00e9 d\u2019innovation qui est de plus en plus ascendante (les salari\u00e9s ou les utilisateurs d\u2019un service\/produit peuvent \u00eatre porteurs d\u2019innovations profitables) et \u00e0 l\u2019exigence de sens dans le travail, responsabiliser les collaborateurs est devenu le leitmotiv d\u2019une volont\u00e9 r\u00e9formatrice des rapports sociaux, organisationnels au sein des entreprises. Comme le dit la philosophe Simone Weil, \u00ab l<em>\u2018initiative et la responsabilit\u00e9, le sentiment d\u2019\u00eatre utile et m\u00eame indispensable, sont des besoins vitaux de l\u2019\u00e2me humaine\u2026. La satisfaction de ce besoin exige qu\u2019un homme ait \u00e0 prendre souvent des d\u00e9cisions dans des probl\u00e8mes, grands ou petits, affectant des int\u00e9r\u00eats \u00e9trangers aux siens propres, mais envers lesquels il se sent engag\u00e9. Il faut aussi qu\u2019il ait \u00e0 fournir continuellement des efforts. Il faut enfin qu\u2019il puisse s\u2019approprier par la pens\u00e9e l\u2019\u0153uvre tout enti\u00e8re de la collectivit\u00e9 dont il est membre, y compris les domaines o\u00f9 il n\u2019a jamais ni d\u00e9cision \u00e0 prendre ni avis \u00e0 donner. Pour cela, il faut qu\u2019on la lui fasse conna\u00eetre, qu\u2019on lui demande d\u2019y porter int\u00e9r\u00eat, qu\u2019on lui en rende sensible la valeur, l\u2019utilit\u00e9, et s\u2019il y a lieu la grandeur, et qu\u2019on lui fasse clairement saisir la part qu\u2019il y prend. Toute collectivit\u00e9, de quelque esp\u00e8ce qu\u2019elle soit, qui ne fournit pas ces satisfactions \u00e0 ses membres, est tar\u00e9e et doit \u00eatre transform\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb. &nbsp;N\u00e9anmoins, en entreprise, une fois de plus, la seule volont\u00e9 ne suffit pas pour responsabiliser les collaborateurs. En effet, concomitamment \u00e0 cette vell\u00e9it\u00e9 de responsabilisation, les collaborateurs n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi corset\u00e9s par des processus, des proc\u00e9dures, des consignes. L\u2019abstraction est \u00e0 son firmament, le travail prescrit phagocyte la complexit\u00e9 du r\u00e9el du travail. La r\u00e9sistance du r\u00e9el pourtant th\u00e9oris\u00e9e dans bon nombre de disciplines dans les sciences humaines et sociales est balay\u00e9e d\u2019un revers de main par la simplicit\u00e9 prescriptive et par un pragmatisme qui n\u2019est que pure abstraction malgr\u00e9 le prix \u00e0 payer : activit\u00e9 emp\u00each\u00e9e, non reconnaissance de soi dans le travail ex\u00e9cut\u00e9, non accomplissement de soi, probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale\u2026 La rationalisation des gestes avec le travail organis\u00e9 de la mati\u00e8re est d\u00e9sormais compl\u00e9t\u00e9e par la rationalisation de la subjectivit\u00e9 (Joyce Durand-Sebag). Comme jadis avec le taylorisme mat\u00e9riel, la responsabilisation est antinomique avec le taylorisme immat\u00e9riel. L\u2019infantilisation des collaborateurs dans beaucoup d\u2019entreprises est un truisme.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li><strong>Des valeurs (de l\u2019entreprise) proclam\u00e9es \u00e0 cor et \u00e0 cri mais qui continuent de surplomber le travail effectif ont comme destin d\u2019avoir toutes les qualit\u00e9s sauf celles d\u2019exister<\/strong>: Rares sont les entreprises qui disent ne pas agir suivant des valeurs. &nbsp;La proclamation des valeurs semble \u00eatre aujourd\u2019hui une des r\u00e9ponses au d\u00e9sengagement des travailleurs voire le ras-le-bol manag\u00e9rial, point\u00e9 par bon nombre d\u2019\u00e9tudes ces derni\u00e8res ann\u00e9es alors m\u00eame que les entreprises s\u2019\u00e9vertuent \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de travail. Cependant, tr\u00e8s souvent, les valeurs sont proclam\u00e9es dans une optique performative comme s\u2019il suffisait d\u2019exhiber des valeurs pour l\u00e9gitimer toute entreprise de production de biens et de services nonobstant la qualit\u00e9 \u00e9thique, \u00e9cologique, sociale pr\u00e9sente dans l\u2019ex\u00e9cution des actions de production. Une telle utilisation des valeurs est probl\u00e9matique \u00e0 plus d\u2019un titre.&nbsp; D\u2019une part, il serait na\u00eff de penser qu\u2019une quelconque proclamation de valeurs serait performative au-del\u00e0 du discours. La volont\u00e9 d\u2019afficher des valeurs ne suffit pas \u00e0 mat\u00e9rialiser lesdites valeurs et \u00e0 les faire exister dans la pratique. Les valeurs n\u2019\u00e9mergent que dans l\u2019action. Des valeurs d\u00e9connect\u00e9es de la pratique ne sont rien d\u2019autres que les attributs d\u2019une propagande qui ne dit pas son nom, pardon d\u2019un storytelling, vocable souvent pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de nos jours \u00e0 celui de propagande. D\u2019autre part, des valeurs proclam\u00e9es sans une assise dans les faits, c\u2019est parier sur un certain daltonisme des collaborateurs, ces \u00ab&nbsp;grands enfants&nbsp;\u00bb incapables d\u2019analyser leurs v\u00e9cus par rapport aux valeurs port\u00e9es par les discours. Un tel pari ne peut que soutenir un d\u00e9sengagement franc et net des collaborateurs si ce n\u2019est pas un cynisme amusant et destructeur du lien social et de la confiance, lesquels sont pourtant essentiels pour l\u2019action collective en entreprise.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>En conclusion, on peut dire que l\u2019effet Faber ou les limites de la bonne volont\u00e9 traduit un certain opportunisme m\u00e9thodologique et un pragmatisme essentiellement langagier, fortement ancr\u00e9s dans les entreprises. C\u2019est l\u2019expression de la non prise en compte de la syst\u00e9mique qui sous-tend toute activit\u00e9 de gestion mais aussi d\u2019une vision simplificatrice de l\u2019Homme le r\u00e9duisant \u00e0 sa seule dimension de travailleur : exit le citoyen, l\u2019\u00eatre social et l\u2019\u00eatre sensitif. Aujourd\u2019hui avec des citoyens (et donc des travailleurs) de plus en plus conscients de leur pouvoir d\u2019agir car sortis de l\u2019\u00e9tat n\u00e9ot\u00e9nique dans lequel les rel\u00e9guait le compromis fordiste doubl\u00e9 d\u2019un storytelling inspirant mais non incarn\u00e9, l\u2019entreprise est appel\u00e9e \u00e0 assumer de mani\u00e8re concr\u00e8te son r\u00f4le politique. Il s\u2019agit de d\u00e9passer la \u00ab culture de commer\u00e7ants \u00bb dont parlait Nietzsche et pour laquelle la \u00ab question des questions \u00bb, c\u2019est de savoir \u00ab quelles personnes et combien de personnes consomment cela ? \u00bb et d\u2019autre part d\u2019engager un travail de d\u00e9colonisation d\u2019un sens commun en entreprise devenu purement instrumental. Un tel travail incombe \u00e0 tout un chacun mais surtout aux producteurs \u00ab professionnels \u00bb de savoirs (l\u2019acad\u00e9mie, les prestataires de services intellectuels\u2026). Il est temps de rompre avec l\u2019abstraction pour que le r\u00e9el devienne r\u00e9alit\u00e9 en entreprise. Cela passera certainement par un remodelage de l\u2019\u00e9pist\u00e9m\u00e8 de l\u2019entreprise, sans quoi, l\u2019effet Faber a de beaux jours devant lui et nous continuerons \u00e0 bricoler dans l\u2019incurable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article publi\u00e9 sur Forbes https:\/\/www.forbes.fr\/management\/leffet-faber-ou-les-limites-de-la-bonne-volonte-dans-la-gestion-des-entreprises\/ Le compromis fordiste qui acta \u00ab l\u2019acceptation \u00bb de l\u2019organisation scientifique du travail et de ses inconv\u00e9nients par les salari\u00e9s, qui symboliquement mais aussi concr\u00e8tement donna pendant plusieurs d\u00e9cennies un blanc-seing aux dirigeants et aux actionnaires, le pouvoir de pr\u00e9sider seuls aux destin\u00e9es des entreprises avec comme contrepartie un certain &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/ibrahimafall.com\/?p=125\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;L\u2019effet Faber ou les limites de la bonne volont\u00e9 dans la gestion des entreprises&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/125"}],"collection":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=125"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/125\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":126,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/125\/revisions\/126"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=125"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=125"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ibrahimafall.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=125"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}